Réunion de Shkodër – Témoignage de Martin Marinx

La Confédération européenne des anciens élèves des jésuites a tenu sa réunion semestrielle en mars dernier dans la ville de Shkodër. Martin Marinx, ancien du Collège Notre-Dame de la Paix (Erpent), nous livre ici son témoignage.

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C’est après un trajet chaotique et imprévu passant par Munich, Vienne et Belgrade que je suis arrivé sans mes valises restées en Autriche à 4h le matin du jeudi 22 mars à l’aéroport de Tirana. Le taxi qui m’attendait m’emmena vers le nord à vive allure pour une courte nuit à Schkodër aux sons des cloches de l’église et des prières du muezzin. Ici, les croyances cohabitent et se respectent.

Au réveil, dans une petite auberge de jeunesse au centre du piétonnier, je retrouve Marija la lituanienne pour un petit déjeuner d’échanges sur nos trajets et nos attentes pour le week-end, ainsi que d’explications de ce qui nous regroupait là suite aux questionnements de la réceptionniste.

Nous avons ensuite passé le jeudi avec six de nos hôtes à découvrir la ville, les lieux emblématiques et historiques, à mieux comprendre l’histoire du pays, l’architecture et les coutumes,… Nous avons visité l’école jésuite et visionné un documentaire fort bien fait sur la dualité du pays (montagne et mer, soleil et pluie, pauvreté et richesse, futur et passé, rêve et réalité). La journée s’est ensuite continuée dans une garderie pour enfants orphelins. Des moments suspendus passés dans cette petite pièce, des enfants dans tous les coins, grimpaient, tombaient, riaient et pleuraient. Nous les prenions, jouions, dansions. Nous ne nous comprenions pas par la parole mais les regards suffisaient. Le soir venu, autours d’une pizza, le plaisir de rencontrer Alain Deneef et d’écouter le récit de sa journée à lui : voiture louée, Kosovo, jésuite allemand, et passeport oublié.

Le vendredi débuta par la visite d’une école publique. Nous y avons suivi un cours de musique organisé en groupe pour personnes souffrants de divers handicaps. Il fut ensuite temps pour moi d’effectuer de menus achats pour remplacer les effets en retard qui je l’apprendrai plus tard passeront en fait par la Slovénie avant de retrouver leur chemin vers Schkodër. Le soir, c’est l’arrivée des autres participants venants de partout en Europe. Nous nous saluons, nous présentons, nous revoyons avec plaisir, puis partons à pieds visiter une ancienne prison communiste hantée de traitements inhumains. Profonde douleur mais sentiment d’espoir et de communion avec nos désormais amis albanais. On ne peut comprendre l’Albanie sans en connaître le passé. Juste après, cette communion fut encore plus visible devant le piano de Ieva et la voix de Marija, et se prolongea par le partage d’un repas prétendument « sur le pouce », qui s’avéra pourtant être une sorte de buffet infini.

Le véritable contenu fut pour le week-end. Comme vous le savez, un programme très précis était prévu. Je souhaite ne revenir que sur un constat : que ce soit dans l’intervention de Fr Peter Balleis sur son combat pour l’enseignement notamment en Afghanistan, ou dans celle de Fr Peter Rozic sur l’engagement des jeunes européens, la volonté d’également mettre en pratique ces valeurs monte en moi. Engagement, éducation, respect. Je retiens de ces échanges avec nos anciens de l’Europe entière une étonnante conclusion : nous nous parlions comme si nous nous connaissions. Désormais, c’est vraiment le cas.

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Martin MARINX
Collège Notre-Dame de la Paix (Erpent)
Rhéto 2011

 

 

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