Congrès de Cleveland – Témoignage d’Arnaud Hoc

Arnaud HOC, vice-président de l’Association des anciens du Collège Notre-Dame de la Paix (Erpent – Namur)

Le Congrès de l’Union mondiale des Anciens des Jésuites s’est tenu cet été à Cleveland, en Ohio (États-Unis d’Amérique). Du 28 juin au 2 juillet derniers, ce sont plus de 500 anciennes et anciens du monde entier (les cinq continents étaient représentés) qui se sont réunis pour partager et réfléchir ensemble sur les défis du monde contemporain, à la lumière des principes que leur passage dans un établissement jésuite (collège ou université) a pu leur inculquer.

Vue du hall principalVue du hall principal

C’était la première fois que pareil congrès, qui a lieu tous les quatre ans, se tenait en Amérique du Nord (le précédent avait eu lieu en août 2013 à Medellin, en Colombie). Le moins que l’on puisse dire est que les organisateurs avaient vu grand. C’est tout le campus de la John Carroll University qui avait été mis à disposition pour l’occasion : pelouses et parterres impeccablement entretenus, bâtiments imposants et auditoires clinquants, logement dans les fameux dormitories en temps normal réservés aux étudiants.

Côté orateurs, la barre avait aussi été placée assez haut : Arturo Sosa sj, le supérieur général de la Compagnie de Jésus (qui s’est adressé aux congressistes depuis Rome, par vidéoconférence), et quelques grandes figures de la « galaxie » jésuite américaine. On en épinglera trois : Christopher Lowney, ancien Managing Director de la banque JP Morgan, auteur de plusieurs ouvrages sur le leadership, inspirés des principes ignaciens; le père Gregory Boyle sj, sorte de « curé des loubards » californien, fondateur d’une entreprise qui œuvre à la reconversion d’anciens membres de gangs de la côte Ouest ; et puis le père Peter Balleis sj, directeur du Jesuit Worldwilde Learning, qui a mis en place une plateforme de cours en ligne à destination des populations qui n’ont pas accès à l’éducation, en particulier dans les camps de réfugiés.

Gregory Boyle sj ''Vous n'allez pas aux frontières pour changer ceux que vous y rencontrez. Vous y allez pour être changé par eux''Gregory Boyle sj  »Vous  n’allez pas aux frontières pour changer ceux que vous y rencontrez. Vous y allez pour être changé par eux »

D’une manière ou d’une autre, tous ces orateurs ont décliné le thème du Congrès : « Uniting Jesuit Frontiers », ou comment porter les valeurs ignaciennes (du classique « plus est en toi » jusqu’au plus récent « être et devenir des hommes et des femmes pour les autres ») jusqu’aux « frontières » : que ce soit celles du monde des affaires où dominent le plus souvent cynisme et calculs à courte vue (Chris Lowney), celles de la criminalité et de la marginalité (Greg Boyle), celles, très concrètes celles-ci, qui continuent à s’élever sur le chemin des réfugiés qui fuient la guerre en quête d’un avenir meilleur (Pete Balleis).

En complément de ces « grandes conférences » se sont par ailleurs tenus toute une série d’ateliers, en plus petits groupes, permettant d’aborder d’autres questions, sous un angle davantage sectoriel : monde des affaires, éducation, droit, sciences, etc. C’est sans doute là une des innovations majeures de ce Congrès, qui a mis à l’épreuve la faculté de discernement des uns et des autres, tant il était parfois difficile de faire un choix dans la pléthore des propositions.

Après tant de réflexion et d’efforts spirituels, il y eut quand même place à la détente : visite du « Rock n’Roll Hall of Fame », principale attraction de la ville, et match de baseball de l’équipe locale (les « Cleveland Captains »), finalement annulé pour cause de pluie (les spectateurs ayant pu se consoler en profitant des hot-dogs servis dans le stade).

Enfin il faut aussi noter la prestation de deux anciennes de Lituanie, qui ont ouvert et clôturé le congrès de deux récitals particulièrement remarqués. Sœurs l’une de l’autre, l’une est pianiste et l’autre cantatrice : elles ont apporté une touche internationale, jeune et féminine à un congrès où l’on doit bien reconnaître que les participants, et encore plus les orateurs, étaient essentiellement des hommes, déjà d’un certain âge, et pour la plupart américains.

Ieva et Marija Dutaite, deux soeurs d'origine lituannienneIeva et Marija Dutaite, deux soeurs d’origine lituannienne

Sans nier ce que ce constat a de structurel, cela s’explique sans doute aussi en partie par le coût du voyage et la difficulté qu’ont éprouvé certain(e)s anciens et anciennes, d’Afrique en particulier, à obtenir leur visa pour les États-Unis (beaucoup ont été refusés). Le prochain congrès se tiendra à Barcelone en 2021 : espérons que cette plus grande proximité (avec les pays d’Europe bien sûr, mais aussi dans une certaine mesure avec les pays d’Afrique) sera de nature à favoriser une plus grande participation des anciennes et des anciens du monde entier, en particulier des plus jeunes.

La délégation congolaise célèbre la fête de l'IndépendanceLa délégation congolaise célèbre la fête de l’Indépendance
Quelques ''jeunes'' anciens dont Arnaud Hoc et Mathilde Wattier (St Stan Mons)Quelques  »jeunes » anciens dont Arnaud Hoc et Mathilde Wattier (St Stan Mons)
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